Compte-rendu du BDFN DU 22 OCTOBRE par Jean-Michel DEVRON de l'Ecole Emancipée nationnale.
Comme prévu un BDFN hallucinant. Front renversé entre SNUipp d’un coté et SNES-SNEP de l’autre.
La réunion des secrétaires généraux snes, snu, snep avec GA (Gérard Aschiéri), avant, n’ayant pas permis de régler le problème, parce qu’insoluble, GA essaie de trouver une voie de passage qui ne
résistera évidemment pas au débat que les élus Ecole Emancipée ont impulsé.
Accord global sur le succès de la manif, surtout du point de vue « population » (sondage) même si on n’a pas atteint les chiffres que l’on souhaitait, mais dépassé largement ceux que
l’on craignait.
Le SNES minimise toutefois un peu la chose pour justifier qu’il y a encore beaucoup à faire pour expliquer et convaincre nos collègues. Mais accord de tous pour poursuivre dans ce cadre unitaire
large.
Oui mais sur quoi et comment ?
Le SNU explique donc son appel à la grève, fait comprendre que le SGEN sera d’accord mais va jusqu’à dire qu’il fera seul s’il le faut. «C’est le pire ministre que l’école primaire ait connu»
dira G.Moindrot. Comme quoi tout arrive à qui sait attendre !
C’est bien vrai diront snes et snep, Darcos considère que l’affaire du premier degré est close et passe à autre chose. Mais justement, dans le second degré on ne peut en rester à la plate-forme
du 19 ; IL faut les postes bien sûr mais aussi le paritarisme, le Lycée (et on est en total désaccord avec sgen et SE),…
Ce qui ne les empêche pas d’expliquer que les reculs de Darcos sur le lycée sont dus à la mobilisation, donc forcément celle du 19 sauf à penser que le 7… Donc oui il faudra une grève, mais trop
tôt pour décider, et pas unitaire et les élections et … Donc pas de mandat FSU pour ce soir sauf une « semaine d’action ».
Nous(les élus Ecole Emancipée)avons cartonné tout le monde, il se trouve que nos analyses et
propositions depuis deux mois ont le mérite de la cohérence, ce qui les énerve beaucoup : le SNU qui découvre l’insupportable mais après le 7 et qui a contribué à cet éclatement
fédéral ; le SNES qui reste sur l’échec du 7 sans l’analyser correctement, et en oubliant que bien peu l’ont réellement voulu et fait, et donc se replie sur les élections.
On (les élus Ecole Emancipée) démonte leur argumentation en disant que l’on demande un mandat FSU,
donc pas d’abord unitaire, sur notre plate-forme. Ensuite refusera qui veut. Que l’on (les élus Ecole
Emancipée)n’essaie pas de nous faire croire que c’est le sgen et l’unsa qui nous font peur dans le second degré où ils sont déliquescents.
En réalité le snes, le snep mais aussi le snasub sont furieux contre le SNU-UnitéAction qu’ils accusent, semblent-ils pas complètement sans raison d’avoir déjà tout préparé pour une grève premier
degré, au cas où. Ils payent aussi l’échec du 7 et même la relative faiblesse de la mobilisation second degré le 19 alors qu’ils croyaient que c’étaient eux la locomotive. Ils théorisent un truc
absurde du style, les personnels ne sont pas prêts, alors que pour le 7 ils ne se sont évidemment pas posé cette question.
On (les élus Ecole Emancipée)dénonce une politique anti-fédérale aberrante et qui ravit le
ministre : sur la formation des maitres, maintenant sur les postes, le paritarisme, le lycée, le primaire chacun part en ordre dispersé. On (les élus Ecole Emancipée)leur rappelle que si faiblesse de mobilisation, réelle, il y a eu c’est faute de
clarté dans les batailles (concertation lycée) faute de fédéral (IUFM et 7 oct) faute de volonté de convaincre et d’absence d’appel mobilisateur. Que tous les signaux montrent que si l’on avait
un appel clair et fédéral et unitaire large le 20 ce serait un succès. On (les élus Ecole
Emancipée)leur dit que leur position ne sera pas tenable, quand les lycéens, les étudiants, les autres fédés de l’éduc appelleront le 20.
Le SNEP sent très vite l’impasse mais ne peut lâcher le SNES en rase campagne. Le SNES reste arc-bouté, mais incapable d’argumenter. A part le SNASUB qui continuent sur le thème c’est terrible
pour les agents, donc on ne peut rien faire, les autres syndicats de l’EN regardent abasourdis.
On sort finalement avec :
La décision de mener fédéralement et au niveau unitaire la bataille sur le paritarisme. En contradiction avec les engagements pris à la FP
Pour l’unitaire large : mandat pour proposer une « journée nationale d’action le 20 (journée des droits de l’enfant) » avec des modalités à voir entre fédés de l’éduc. Le SNU
rappelle que lui fera très vite (avant mardi prochain pour son bulletin) les autres crient à la tentative de leur forcer la main.
L’unitaire montre
un large accord
- Pour souligner le succès du 19 et la détermination de tous à continuer ensemble, à 21, sur une longue durée. Gérard finira par proposer que nous devenions un « collectif » pour
témoigner de la volonté de s’inscrire dans la durée.
- Pour intervenir de façon nationale, concertée et publique sur les parlementaires pour le budget (de l’éduc, de la l’enst sup, de jeunesse et sports). Contextualiser avec la crise et les choix
politiques.
- Ok pour le 20 de la FCPE, de l’UNSA, de la CFDT, de la CGT, de SUD educ, de l’UNEF, des lycéens.
Mais comme il y a nécessité d’une unitaire des fédés de l’éduc pour décider sans instrumentaliser le collectif, et comme l’UNSA comprend les tiraillements dans la FSU, ils bagarrent pour parler
d’une semaine d’action, sans date précise. Les 8 orgas autour de la ligue de l’enst concernées par les « détachés compensés » et par les coupes budgétaires vont mener campagne à tous
les niveaux. Accord pour que tout cela soit coordonné dans une semaine du 17 au 22.
Voilà. L’unitaire est plutôt encourageante. Le SNES et le SNEP sont désormais dans la merde. Il faut les harceler et faire connaitre – ils ont refusé au snes de consulter les S3- leur décision.
Il est tout à fait possible de gagner un appel unitaire et fédéral. On est à peu près sûr d’une grève SNUipp-SGEN dans le premier degré. Il n’est pas sûr que le SE n’y soit pas au final favorable
et ne soit pas fâché que le second degré, n’en soit pas.
Ce qui est sûr c’est que la question de la mise en œuvre du SMA sera fortement présente s’il n’y a que le premier degré et poussera à réduire la dimension globale que nous voulons.
Nous risquons de payer cher le merdier dans lequel la FSU s’est mise avec le 7, mais il est encore temps de se remettre dans le bon sens. En sachant que ce n’est que le début d’un processus. Bien
entendu dans ce contexte, parler au niveau fédéral de reconduction était pour le moins prématuré. Dans le premier degré aux camarades de voir.
Jean-Michel Drevon