contribution de S. GERMAIN, publiée le 30/10/08
Une semaine d'actions est prévue du 17/11 au 22/11 pendant le vote du budget et pour poursuivre la dynamique de la manif du
19/10 en associant le 1er dégré, les parents, etc..
Je vous propose un certain nombre d'actions qui ont retenues mon attention pour en choisir une par jour, avec comme point
d'orgue, une grève le 20/11;
-rassemblement "pique-nique" à l'IA,
-lâcher de balons "Investir dans l'éducation",
-concert de casseroles,sifflets, tambours,…
- conférence de presse,
- arrêt de travail sous la forme de l’heure mensuelle
syndicale,
-journée de garderie au lieu de travailler ou de faire grève,
- audience à l'IA le 20/11 pour les écoles et collèges, au rectorat pour les lycées,
- stage du S2 le 21/11 : AG pour débattre de la suite,
en attendant vos réponses pour le 3/11 au plus tard, soit en ajoutant un commentaire à la fin de cet article ou à
l'adresse suivante : sylvain.germain@aliceadsl.fr
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Contribution de Jean-Michel Drevon (élu EE au niveau national) publiée le 29/10/8.
Nous voilà donc, alors qu’il y a à peine un mois on nous expliquait que rien n’était
possible, avec un appel « unitaire » à la grève dans le premier degré le 20 novembre. Pouvons-nous, devons-nous, nous en contenter ? Pas plus, encore moins, aujourd’hui qu’hier (le
7 octobre).
Il faut impérativement revenir sur le déroulement des choses depuis la
rentrée (donc en réalité depuis juin) pour comprendre et garder le cap. Nous avions dit et nous avions raison que l’année dernière, à un moment d’attaques frontales globales, la succession de
24h, sur des thèmes, sur des périmètres, dans des géométries unitaires différents avaient abouti à une faillite de l’action syndicale. Dont le scénario 10 et 17 juin fut l’apothéose. Nous avions
dit que ce n’était donc pas la question de la « grève », ni même de « 24h » ou « reconductible » qui était posé, non ce qui était posé c’était la construction d’un
véritable plan d’action pour s’opposer aux décisions gouvernementales et faire reculer, dans l’interpro et les Services Publics comme dans l’Education (secteur qui s’était le plus régulièrement
mobilisé).
C’est le fil à plomb qui a guidé toutes nos interventions depuis la rentrée.
Cela explique parfaitement, maigre satisfaction mais efficace sur le plan du combat, la situation dans laquelle nous sommes.
Revenir sur le 7 octobre pour ne pas en tirer des conclusions fausses :
Nous avons vu, très vite, que la tournure que prenait l’affaire du point de
vue interpro, n’était pas le bon « plan ». Parce qu’il ne s’inscrivait dans rien de crédible, parce qu’il jouait sur un terrain, l’interpro et une géométrie unitaire, peu crédible. Ceci
ne veut pas dire que ce terrain n’était pas juste. Il aurait été bien sûr nécessaire et urgent de construire un vrai blocage privé-public ce jour-là. Les confédérations n’en ont pas voulu et ça
s’est très vite vu. Et nous (FSU) étions bien trop faibles pour bousculer cet état de choses.
Mais dès lors que la FSU sautait par dessus sa rentrée, pour s’y raccrocher,
on ne pouvait l’ignorer, même si les risques étaient énormes.
L’erreur du SNES et du SNEP, qui ont voulu se saisir du 7 (remarquez qu’à
l’époque ces UA là ne se sont pas posé la question de l’état de la mobilisation de nos collègues !) a été de mélanger une démarche interprofessionnelle indispensable et la volonté de
certains de leurs S3 d’une grève identitaire, surtout second degré (ce qu’avait bien dénoncé l’EE-SNES) sans réel enjeu revendicatif (car enfin sur la réforme des recrutements comme sur celle des
lycées le moins que l’on puisse dire c’est que la lisibilité de l’opposition du SNES était réservée aux spécialistes), en réalité essentiellement tourné vers les paritaires. D’où l’échec réel et
traumatique du 7 dans le second degré.
Compte-tenu de la situation dans l’éducation, des conséquences du budget sur
l’ensemble du système éducatif, des « discussions » avec le MEN qui montraient une détermination sans faille de Darcos (formation/IUFM, SMA/droit de grève…), la FSU devait, faute d’action préalable, investir le 7 et en faire au-delà de l’interpro la première étape de remobilisation. La position des UA SNU ne l’a pas
permis, sur une argumentation symétriquement fausse – nos collègues ne sont pas mobilisés – alors que le tiers des SD du SNU qui ont appelé de façon volontariste (posant d’une certaine façon les
jalons de la suite) ont démontré l’inverse.
Ne sous-estimons pas ce que l’échec du 7 dans le second degré, suivi par une
mobilisation relative de ce même secteur le 19 induit aujourd’hui. Les directions UA’en tirent la conclusion que la base est bien moins mobilisée qu’eux ! Alors que la vraie raison de la
situation délétère du second degré, c’est l’orientation et la pratique du SNES face à des réformes régressives qu’il s’obstine à n’analyser que du point de vue corpo-catégoriel de son
secteur. Du point de vue des enseignants du second degré, pourquoi se mobiliser quand le message permanent est la discussion avec le ministre,
l’essai de grappiller quelques avantages de carrière pour quelques uns ou de maintenir l’organisation et le périmètre des lycées généraux sans plus interroger la réforme des LP ou les programmes
du collège. D’où la fin de partie que voudrait bien siffler maintenant UA-SNES. Le SNEP qui on le sait ne partage pas les mêmes analyses sur la gravité des attaques (masters), se révèle souvent
incapable de faire autre chose que de suivre le grand frère.
Un élément nouveau : le succès de la manifestation nationale du 19 octobre
Nous ne sommes plus dans la suite du 7 octobre.
Cette page est, malheureusement quand on voit la crise actuelle, fermée. Nous sommes rentrés avec la manifestation du 19 octobre dans un nouveau cycle. L’Huma avait raison de titrer :
« la rentrée des classes ».
Nous avons eu un petit débat en BDFn sur
l’appréciation du 19 octobre, le SNES et le SNEP relativisant les choses. Soyons clairs
Faire le 19 le double de manifestants du 18 mai
n’était vraiment pas écrit 15 jours, ou même 8 jours avant. Certes ce ne sont pas les 150 000 dont nous avions
besoin, ce n’est pas non plus la manif identitaire que voulait l’UNSA. Le succès du 19 se mesure d’abord et avant tout au changement de l’opinion publique qui, comme pour La Poste, considère
désormais que l’Education est en danger et que nous avons raison de nous mobiliser. Enfin c’est pour les personnels le signal du départ unitaire (personnels et usagers) qu’ils
attendaient.
Donc la suite s’impose. Elle s’impose DANS CE
CADRE UNITAIRE très large, surtout ne rien faire qui restreindrait la bataille aux seuls enseignants. Elle s’impose face à un gouvernement qui décide de passer outre tout en manœuvrant habilement
pour tenter de calmer le SNES.
Peut-on alors se satisfaire
d’une grève premier degré le 20 ? Qui sera sans nul doute réussie. Voire poser la question de la reconduction dans le premier degré ?
Paradoxalement c’est le SNUipp qui apparaît maintenant en tirer correctement
les leçons et potentiellement constructeur d’un véritable rapport de forces sur son secteur. Ses sections qui ont appelé ont su saisir la colère qui montait le 7 et après (cf Paris), le SNUipp a
réussi sa mobilisation pour le 19, plus que le SNES, et maintenant il embarque ses minoritaires (sgen et unsa) dans une grève unitaire premier degré le 20 novembre sur la base d’une
théorisation : « le premier degré est maintenant la cible des attaques, tandis que le collège est ignoré et le lycée apparemment
épargné. » C’est bien sûr faux. On a déjà beaucoup écrit dans l’EE et la FSU sur la transformation néo-libérale du système. Il faut sur ces points importants, car l’analyse et le
travail de fond restent toujours indispensables pour comprendre et donc combattre efficacement, lire les analyses par exemple de Meirieu et de Paget sur le Lycée et relire le dossier de la revue
issu des JE.
Il y a à refuser de tomber à nouveau dans le piège de Darcos qui est en train
de réussir la division premier- second degré que bien d’autres ont joué avant lui (Allègre), tout en menaçant la scolarité des enfants des classes populaires à tous les niveaux , de la maternelle
à l’université, à menacer à tous les niveaux les droits des personnels, à développer à tous les niveaux la précarité et la remise en question des garanties statutaires.
Il faudrait qu’une direction
syndicale soit bien aveugle pour ne pas en tirer les conséquences dans cette période.
Est-ce que la question de l’unité est un problème ?
NON
L’UNSA et le SGEN évidemment sont tout heureux de ne pas avoir à combattre
dans le second degré puisqu’ils sont en gros d’accords avec la réforme des lycées – à part les suppressions de poste, mais souvenez-vous comme le nuage de Tchernobyl et la crise qui épargne
l’hexagone, les suppressions de poste épargnent le Lycée ! – Et le SNES qui parait-il est en désaccord, mais qui martèle quand même que Darcos a
beaucoup reculé face à ses mobilisations (lesquelles ?) notamment le 19 donc avec le SGEN et l’UNSA, (va comprendre Charles !) ne veut pas d’une grève unitaire le 20 bloquant à
son tour la FSU ? .
Le 20 peut être et doit être une date véritablement fédératrice : Le supérieur (les étudiants avec l’UNEF , mais aussi le snesup), a lui immédiatement basculé du 13
vers le 20. On peut être sûr aussi que les lycéens se saisiront du 20, même si j’ignore leur analyse de la réforme du Lycée, mais les « radicaux » ne se préoccuperont pas de cela. La
FCPE et les mouvements pédago aussi, qui payent cher, budgétairement, la RGPP.
Il est encore temps, il est plus que temps, de mener partout la bataille pour
faire changer l’orientation du SNES. On le sait son rendez-vous est le 5 novembre (BN je suppose).
Il faut comme nous l’avons fait dans le premier degré, en sachant que dans le
Snes même les S3 critiques ne se démarqueront pas si facilement de la direction nationale, surtout pour faire du fédéral, faire monter la pression.
Une contribution ou lettre ouverte de l’EE à la FSU et aux directions des
syndicats éduc sera un point d’appui.
Bien sûr ce sont les vacances. Bien sûr les délais sont courts. Mais si
nous (EE) ne menons pas cette bataille, y compris par rapport au reste de la fédération alors nous serons tout aussi déconsidérés comme tendance d’orientation et d’opposition. Car derrière
l’Education, c’est toute la bataille contre la RGPP, donc pour les SP qui est engagée (cf Météo). Et derrière c’est la réponse à la crise comme Sarkozy l’a très bien cadré de son point de vue à
Annecy.
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